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Les hospices de Beaune : zoom sur l'Hôtel-Dieu
 
Proposé par administrateur le Lundi, 13.Novembre 2006

Les articles du bourlingueur.eu

La paix d’Arras est instaurée le 21 septembre 1435, Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, et Charles VII Roi de France trouvent un terrain d’entente honorable et mettrent un terme à la guerre de 100 ans.

 

Pour les bourguignons de Beaune, la trêve est cependant loin d’être présente dans les campagnes et villes, car les « écorcheurs » continuent de saccager le pays beaunois. Philippe le Bon et son épouse décident alors de confier à Nicolas Rolin la fondation d’un hôpital pour les indigents à Beaune...

Visitez la galerie Hôtel-Dieu à Beaune

La construction commence en 1443 pour s’achever avec l’accueil le 1er janvier 1452 du premier patient. A partir de cette période, l’Hôtel Dieu est entièrement géré par les sœurs hospitalières et ce, durant toute la période d’activité, c’est à dire jusqu’au XX è siècle. La ferveur des sœurs a d’ailleurs généré d’autres communautés dans la région pour créer ce qui est communément appelé les hospices de Beaune. Une communauté spécialement tournée vers les pauvres, les vieillards, globalement toujours tournée vers les plus démunis.

 

L’Hôtel Dieu à Beaune a laissé place depuis 1958 à une structure plus moderne pour prodiguer les soins, c’est au centre hospitalier Philippe le Bon que sont dispensés les soin. C’est donc un musée qui ouvre ses portes chaque jour, sur la rue de l’Hôtel-Dieu face à la place Fleury. Chacun peut se rendre compte de la vocation première de l’endroit, même si en entrant, on est frappé par la l’élégance et la grandeur architecturale de l’ensemble, subjugué par les couleurs des ardoises. Il n’en reste pas moins, que les murs transpirent les souvenirs d’un havre de paix pour les soins donnés au cours des siècles par les sœurs infirmières. D’ailleurs, l’éthique des gestionnaires n’a pas changé d’un iota malgré le déplacement vers l’hôpital, ainsi, tous les bénéfices retirés des différentes activités du musée (visites, location de salle, boutiques, conférences, journées découverte…) servent entièrement à améliorer le réseau de médecine sociale de la région.

 

Par ailleurs, les hospices de Beaune (comme beaucoup de structures hospitalières françaises) sont propriétaires grâce aux dons successifs, de quelques 58 hectares de terre viticole, dont la plupart de la superficie se situe dans des zones d’appellations prestigieuses. Les 41 cuvées des hospices de Beaune portent généralement les noms de leurs bienfaiteurs donateurs, elles font l’objet une fois l’an d’une grande vente aux enchères mondialement réputée, les adjudications sont tenues sous la forme particulière de la « vente à la bougie », ces enchères ont lieu en novembre le troisième dimanche du mois sous les halles.

 

Revenons maintenant à la visite du musée proprement dit, vu de la rue, le bâtiment ne donne pas très envie, un long mur de pierre avec peu de fenêtres mais une fois dans la cour, il laisse exploser toute sa beauté en captivant l’œil du visiteur par les toits d’ardoises colorées qui sont devenus au fil des dernières décennies l’un des symboles de la Bourgogne. Car il semble établi que ces ardoises vernissées qui recouvrent certaines toitures bourguignonnes résulterait du prolongement des différences naturelles de cuissons. Autrefois utilisée pour représenter approximativement des motifs géométriques, la tradition des couvreurs se serait étendue avec l’apparition de la mode des ardoises colorées il y a moins d’une centaine d’années. D’après mes lectures, il est par ailleurs plus pertinent de penser que c’est la forme de la tuile plus que sa couleur qui est typique au pays de Bourgogne. Il n’empêche que ces motifs multicolores sur les toits sont relativement abondants en Côte d’Or et contribuent à l’originalité du terroir bourguignon. L’Hôtel-Dieu à Beaune après sa rénovation ne déroge pas à cette règle.

 

Autre point remarquable lors de la visite du musée, est la conservation et l’entretient scrupuleux accordé tant au bâtiment qu’à tout les quelques 5.000 objets répertoriés fidèlement dans un inventaire depuis des dizaines d’années. Les hospices de Beaune ont fait l’objet de nombreux legs, tant en ustensiles qu’en œuvres d’arts, il est heureux de constater que l’intendance a toujours su faire preuve d’une soin étonnant à conserver l’endroit dans un état irréprochable. L’héritage culturel n’en prend que d’avantage de valeur aux yeux du visiteur.

 

La visite des bâtiments intérieurs est ponctuée par quelques points forts, comme la visite de la grande salle, on y trouve 30 lits alignés en rangées de 15 le long des deux plus grands murs, chaque lit étant séparé par des rideaux et une cloison, ceci parce que les médecins pensaient que le fléau le plus redouté, la peste, se répandait par l’air vicié de miasmes et qu’il fallait isoler le plus possible les foyers infectieux en purifiant l’air par des herbes aromatiques. Au bout de cette salle, une chapelle afin que les pensionnaires puissent suivre les offices dans les meilleures conditions possibles. L’ensemble recouvert par un berceau de bois lambrissé, traversé par des entraits qui sortent de la gueule de représentations d’animaux fantastiques.

 

La pharmacie n’en est pas moins surprenante, les ustensiles en faïence de Nevers, toute une gamme d’étains remarquables, la cuisine où tout a été reconstitué comme au XIX è siècle ornée de tant d’ustensiles de cuivre et animée par l’automate Messire Bertrand  qui tourne la broche inlassablement.

 

La fin de la visite à la salle Saint Louis, construite au XVII è siècle pour accueillir d’avantage de malades, elle sert aujourd’hui de galerie d’exposition des plus prestigieuses œuvres d’art que les hospices de Beaune ont à proposer. Une fontaine de marbre au centre de la pièce n’est pas sans rappeler la vocation première de l’endroit, rester résolument tourné vers les indigents, les vieillards et les malades au travers de l’exercice de la charité. Dans une annexe à la salle Saint Louis, une pièce bien à l’abris de la lumière naturelle abritant des tapisseries anciennes mais surtout le célèbre polyptyque du peintre belge originaire du tournaisis Roger Van Der Weyden. Cette œuvre magistrale représentant le jugement dernier est haute en couleurs, une loupe permet d’ailleurs de scruter la peinture dans les moindres détails. Neufs panneaux flamboyants pour la trompette du jugement selon la pensée biblique de l’époque associé à l’art flamand du XV è siècle.

 

En pratique, la visite dure environ deux heures, de nombreux panneaux explicatifs pourront cependant comme au cours de ma visite captiver votre attention. Chaque salle est remplie de mobilier, de tapisseries, peinture et autres ustensiles, les plus avides d’art prendront plaisir au notices explicatives.

 

L’Hôtel Dieu se situe en centre ville, le parking n’est pas aisé en saison, il convient de laisser la voiture dès qu’une place se présente et de poursuivre à pied en arpentant les rue très animées grâce aux nombreux commerces de spécialités vinicoles ou produits du terroir, le soir cependant, l’ambiance tombe rapidement, il semble que le bourguignon ne soit pas un oiseau nocturne.

 

Le musée est ouvert tous les jours de l’année jusque 17h30 et 18h30 en été, l’entrée coûte en été 2006 5,60€ elle est gratuite pour les enfants de moins de 10 ans, l’office du tourisme se trouve sur la place juste en face de l’entrée de l’Hôtel-Dieu, vous pouvez acquérir un passe pour un ensemble de visite ou encore réserver certaines activités, je recommande un saut à la moutarderie Fallot pour un parcours ludique et pédagogique des antres de cette entreprise dynamique.

 

Les Hospices de Beaune : L’Hôtel Dieu

Rue de l’Hôtel-Dieu

F-21200 Beaune

 

Tél. : 03 80 24 45 00

Fax : 03 80 24 45 99

 

 

-         du 1er janvier au 25 mars : de 9h30 à 11h30 et de 14h00 à 17h30

-         du 25 mars au 19 novembre : de 9h00 à 18h30

-         du 20 novembre au 31 décembre : de 9h00 à 11h30 et de 14h00 à 17h30

 

Les derniers visiteurs peuvent rester dans l'enceinte de l'Hôtel-Dieu pendant une heure après la fermeture de la billetterie.

 

Site officiel : http://www.hospices-de-beaune.com

Les hospices de Beaune : zoom sur l'Hôtel-Dieu

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