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Musée Royaux d’Arts et d’Histoire : Le pavillon chinois et la tour japonaise
 
Proposé par administrateur le Mercredi, 29.Novembre 2006

Les articles du bourlingueur.eu

Le roi Léopold II en visite à l’exposition universelle de 1900 à Paris, remarqua une attraction présentée par une compagnie maritime qui desservait l’Extrême Orient et les Indes. Il s’agissait d’un pavillon présentant les diverses contrées desservies par cette compagnie. Une pagode érigée pour la contrée du Japon interpella si bien le roi qu’il décida d’en ériger une réplique sur une partie du domaine royal à Laeken. Il confia alors à l’architecte Alexandre Marcel l’élaboration d’une tour d’inspiration japonaise.

Visitez la galerie du pavillon chinois et de la tour japonaise

La « Tour du monde », monument original acclamé par la presse de l’exposition universelle de 1900, servit donc de modèle à la construction de celle de Laeken. Il y eut pourtant un précédent au XVIII è siècle, l’architecte Louis Montoyer sous les ordres de l’archiduchesse Marie-Christine, avait déjà construit une pagode de onze étages au château de Schoonenberg (actuel Domaine royal de Laeken) à ce moment dans le but de construire la résidence du gouverneur des Pays Bas autrichiens. Les époques successives vont voir décroître puis renaître le domaine. La décision d’y installer le roi en 1831 contribuera à l’entretien et l’amélioration des terres royales, grâce aussi à bien des décisions pour améliorer et entretenir le prestige de celles-ci.

C’est donc dans ce cadre historique et culturel que les travaux de la tour pouvaient commencer. Cependant, bien que la tour construite en Belgique devait rester de  pure inspiration japonaise, il est certain aussi que des desiderata y avaient été inclus, ainsi, au contraire de la tradition japonaise, cette pagode belge était équipée de l’électricité, et les étages de la tour étaient accessible avec escaliers et ascenseur.

Le porche de la tour a été racheté à la compagnie maritime après l’exposition, c’est un élément authentique fabriqué au Japon selon les traditions de sculpture du bois. Il fut donc intégré à l’ensemble du monument. Les travaux se sont étendus étonnamment sur 3 années, ce n’est qu’en mai 1904 que le roi put enfin inaugurer sa tour pendant sa réception annuelle, la presse ne tarira pas d’éloges et de superlatifs tant l’excitation de ce monument d’architecture authentique fut finalement une grande réussite et n’avait rien à envier aux originaux japonais.

Alexandre Marcel pensait directement à la décoration et à la prestance du bâtiment. Il passe commande de mobilier à Yokohama, des panneaux de bois sculpté, tant pour l’intérieur que pour l’extérieur du bâtiment, des luminaires, des éléments ornementaux… Les commandes de ces ouvrages d’arts furent passées auprès des meilleurs artistes japonais. Des décorateurs parisiens furent sollicités pour l’éclairage intérieur ainsi que pour l’ergonomie du grand escalier et les vitraux. Tout était donc pensé pour le plus grand luxe et raffinement, selon la pure tradition japonaise adaptée aux standards modernes européens de l’époque.

Le roi pensait occuper la tour personnellement, dans un premier temps, de nombreuses réception prestigieuses y furent données, le pavillon chinois qui fut construit tout de suite après la tour japonaise devait d’ailleurs servir de restaurant pour les hommes d’affaires. Mais des vices de construction décelés plus tard, ont désintéressé le roi de la tour japonaise, sa gestion fut d’ailleurs confiée au ministère des affaires étrangères qui s’arrangea pour l’ouvrir au public dès 1911. L’endroit devient le comptoir d’extrême orient, une plate forme de commerce entre l’Europe et le Japon. Bien des années plus tard, la gestion repose sur une institution nommée « Musée Royaux d’Arts et d’Histoire ».

Cette nouvelle tutelle est tout bénéfice, car actuellement, le site a pris du galon, on y trouve, outre la tour japonaise, le pavillon chinois qui renferme une collection impressionnante de porcelaines datant du XVII è siècles et suivants. Cette collection est enfermée dans un environnement typique de la décoration européenne du début du XX è siècle, mélange intrigant de faste et de modernisme, qui mettent très bien en valeur ces œuvres d’arts chinoises.

Par ailleurs, une ancienne dépendance (garage pour carrosses) a récemment été réhabilitée en musée d’Arts japonais, dans lequel les quelques 12.000 pièces qui constituent le patrimoine des Musées Royaux d’Arts et d’Histoire y sont exposées à tour de rôle. Avec son espace interactif, c’est assurément la partie la plus au norme de notre standard moderne, la décoration du musée japonais est contemporaine, mais reste sobre, gage de mise en valeur des objets exposés.

Au terme de la visite, c’est quatre siècles d’histoire, de culture et de relations entre l’Extrême Orient et l’Europe qui sont contées. Nous avons remarqué l’excellent état d’entretient des bâtiments et la propreté impeccable des lieux. Nous conseillons de vous rendre en premier à la tour japonaise, les indications du sens de visites sont floues, c’est cependant à cet endroit seulement que vous prendrez vos tickets pour les trois bâtiments au prix de 3 € pour les adultes. L’accueil réservé aux touristes ne nous a pas spécialement convaincu, nous aurions apprécié d’avantage de diplomatie pour nous faire comprendre que le pied est interdit pour les photos dans le pavillon chinois. Sans doute à cause du parquet, mais nous n’avons reçu aucune justification malgré nos questions.

Comptez un temps de visite de deux heures, ceci comprenant un petit tour dans le superbe parc arboré alentours.

En pratique :

Musées d'Extrême-Orient
Tour japonaise
Pavillon chinois,
Musée d'Art japonais

Avenue Van Praet 44,
1020 Bruxelles

+ 32 (0)2 268 16 08
+ 32 (0)2 268 16 50 (fax)

Ouvert :

mardi - vendredi : 9:30 - 17:00
samedi, dimanche et jours fériés : 10:00 - 17:00

fermeture de la billetterie à 16:00

Prix de l’entrée 3€ pour les adultes, réduction possible pour étudiants et groupes

Entrée gratuite chaque premier mercredi du mois dès 13:00

Site officiel : http://www.kmkg-mrah.be/newfr/index.asp?id=505

Musée Royaux d’Arts et d’Histoire : Le pavillon chinois et la tour japonaise

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